Données indicatives — dernière mise à jour : 1 juin 2026
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Comment ouvrir un compte-titres à la BRVM : le guide pas-à-pas

Vous avez choisi votre SGI. Reste à ouvrir le compte-titres. Documents, étapes, délais, premier versement, premier ordre : ce qu'il faut savoir avant de signer.

Vous avez identifié la SGI qui correspond à votre profil. Bonne nouvelle : vous venez de franchir l'étape la plus structurante. Reste maintenant à ouvrir effectivement votre compte-titres, y déposer votre premier versement, et passer votre tout premier ordre sur la BRVM.

Ce guide reprend, étape par étape, ce qui se passe entre le moment où vous prenez contact avec votre SGI et celui où votre première action est créditée à votre compte.

Étape 0 — Choisir sa SGI

Avant tout, encore faut-il avoir choisi son courtier. Si ce n'est pas fait, commencez par là.

À lire d'abord : Les SGI agréées sur la BRVM — la liste complète par pays.

Comparez au moins deux SGI sur les critères suivants : ticket minimum d'ouverture, frais de courtage, plateforme en ligne, accessibilité à distance. Ne choisissez pas la première venue.

Étape 0 bis — Gestion libre ou gestion sous mandat ?

Avant même d'aborder les documents, posez-vous une question simple : voulez-vous décider vous-même quoi acheter, ou confier la gestion à un professionnel ? À la BRVM, deux formules coexistent, et la SGI vous demandera de trancher à l'ouverture.

La gestion libre

Vous prenez toutes les décisions seul. Vous transmettez vos ordres d'achat et de vente à votre SGI, qui se contente de les exécuter. C'est la formule la plus répandue, la moins chère, et celle qui convient à l'investisseur qui veut apprendre, comparer, suivre l'actualité du marché. Vous ne payez que les frais de courtage à chaque ordre.

La gestion sous mandat

Vous signez un mandat qui autorise votre SGI à gérer le portefeuille pour vous, dans le cadre d'un profil de risque convenu (prudent, équilibré, dynamique). La SGI achète et vend pour votre compte sans vous solliciter à chaque opération. C'est utile quand vous n'avez ni le temps ni l'envie de suivre quotidiennement le marché.

Le revers : des frais de gestion annuels s'ajoutent au courtage classique, généralement entre 1 % et 2 % du capital géré. Sur 5 ans, l'écart de coût avec la gestion libre peut peser lourd dans la performance nette.

Comment trancher

Quelques repères pratiques :

  • Vous voulez apprendre et garder le contrôle : gestion libre
  • Vous avez un capital significatif mais peu de temps : mandat
  • Vous débutez : commencez en gestion libre, quitte à basculer plus tard
  • Vous voulez réduire les frais à long terme : gestion libre

Toutes les SGI ne proposent pas les deux formules. Vérifiez ce point avant de finaliser votre choix.

Étape 1 — Préparer son dossier KYC

Toutes les SGI vous demanderont les mêmes documents pour respecter les obligations KYC (Know Your Customer) imposées par le régulateur.

Préparez à l'avance :

  • Pièce d'identité en cours de validité : CNI biométrique ou passeport
  • Justificatif de domicile récent (moins de 3 mois) : facture d'électricité, d'eau, ou attestation de résidence
  • Photo d'identité (parfois exigée, parfois prise en agence)
  • RIB ou attestation bancaire : indispensable pour les versements et les retraits de dividendes
  • Justificatif d'activité ou de revenus : bulletin de salaire récent, attestation employeur, ou pour les indépendants, attestation fiscale

Pour les personnes morales, ajoutez :

  • Registre de commerce (RCCM) à jour
  • Statuts de la société
  • Procès-verbal de désignation du représentant habilité
  • Pièce d'identité du signataire

Conseil pratique : numérisez tous ces documents dès maintenant, en PDF lisibles. Beaucoup de SGI acceptent une ouverture à distance, surtout pour la diaspora — mais elles exigeront des scans nets et signés.

Étape 2 — Prendre contact avec sa SGI

Trois canaux possibles, selon la SGI :

  1. En agence — le plus rapide pour les premiers contacts
  2. Par email — pour un dossier d'ouverture à distance, notamment depuis l'étranger
  3. Via la plateforme en ligne — certaines SGI proposent une ouverture intégralement numérique

À ce stade, demandez systématiquement deux choses :

  • la grille tarifaire à jour (frais d'ouverture, de courtage, de tenue de compte, de retrait)
  • le ticket minimum pour ouvrir le compte

Ces deux infos ne sont pas toujours affichées en clair sur les sites des SGI. N'hésitez pas à les exiger par écrit avant tout engagement.

Étape 3 — Signer la convention de compte-titres

Une fois votre dossier validé, la SGI vous remet une convention d'ouverture de compte-titres. Ce document est central : il définit les obligations mutuelles, la grille tarifaire opposable, les modalités d'exécution des ordres, et les voies de recours.

Lisez-le attentivement. Vérifiez en particulier :

  • les frais (toutes catégories confondues)
  • les modalités de versement et de retrait
  • les conditions de transmission d'ordres (téléphone, email, plateforme)
  • la durée du préavis en cas de clôture
  • les coordonnées de votre conseiller dédié

Ne signez pas dans la précipitation. Si quelque chose n'est pas clair, demandez une explication écrite.

Étape 4 — Recevoir son numéro de compte-titres

À la signature, la SGI vous attribue :

  • un numéro de compte-titres unique (parfois appelé numéro CSU)
  • des identifiants de connexion à la plateforme en ligne (le cas échéant)
  • les coordonnées du conseiller qui suivra votre compte

Conservez ce numéro précieusement : il sera demandé pour tout virement, tout ordre, toute opération sur titres (dividendes, augmentations de capital, etc.).

Étape 5 — Effectuer le premier versement

Le compte est ouvert, mais il est encore vide. Vous ne pouvez donc rien acheter.

Effectuez votre premier versement sur le compte espèces lié à votre compte-titres. Modalités habituelles :

  • Virement bancaire depuis votre compte courant — c'est la voie standard
  • Dépôt en agence, pour certaines SGI
  • Mobile Money, selon les pays (de plus en plus accepté)

Délai de mise à disposition : 1 à 3 jours ouvrés selon le mode et la banque émettrice. Au-delà de 5 jours sans crédit, appelez votre conseiller.

À retenir : votre compte-titres n'est pas un compte bancaire. Vous ne pouvez ni payer en magasin, ni effectuer de virements vers des tiers. Il sert uniquement à acheter, conserver et vendre des titres BRVM.

Étape 6 — Passer son premier ordre

Une fois votre compte alimenté, vous pouvez transmettre votre premier ordre. Trois types d'ordres dominent à la BRVM.

L'ordre au mieux

Il est exécuté immédiatement au meilleur prix disponible sur le marché. Avantage : rapidité d'exécution. Inconvénient : sur des titres peu liquides, vous pouvez payer un prix plus élevé que prévu, surtout en début ou en fin de séance.

L'ordre à cours limité

Il n'est exécuté que si le prix atteint le seuil que vous avez fixé (à l'achat comme à la vente). C'est l'ordre par défaut à utiliser pour vos premiers achats : vous gardez le contrôle sur le prix payé et vous évitez les mauvaises surprises.

L'ordre à seuil de déclenchement (stop)

Il ne s'active qu'au franchissement d'un seuil prédéfini. Utile pour protéger une plus-value latente ou limiter une perte sur une position que vous détenez déjà.

Pour un premier achat, je recommande l'ordre à cours limité. Vous gardez le contrôle sur le prix payé, vous évitez les mauvaises surprises sur des titres peu liquides, et vous prenez de bonnes habitudes.

L'ordre est transmis à votre SGI, qui l'envoie sur le système central de la BRVM (M-Trade). Vous recevez une confirmation d'exécution par email ou sur la plateforme, généralement dans la journée.

Combien ça coûte exactement ?

Trois lignes à connaître :

  1. Frais d'ouverture — souvent gratuits, parfois symboliques (0 à 25 000 FCFA selon les SGI)
  2. Frais de courtage — entre 0,5 % et 1,5 % par ordre, à l'achat comme à la vente
  3. Frais de tenue de compte — entre 0 et 25 000 FCFA / an selon les SGI

À ces frais SGI s'ajoutent les frais de marché BRVM (forfaitaires et marginaux, généralement < 0,5 % du montant de l'ordre).

Exemple concret pour un achat de 1 000 000 FCFA :

  • Courtage SGI (1 %) : 10 000 FCFA
  • Frais marché BRVM (environ 0,3 %) : 3 000 FCFA
  • Total : environ 13 000 FCFA, soit 1,3 % du montant investi

Sur le long terme, ces frais s'amortissent largement si vous achetez peu et conservez longtemps. Évitez les allers-retours fréquents : c'est ce qui ruine le rendement net.

Combien de temps ça prend ?

ÉtapeDélai indicatif
Dépôt du dossier completjour J
Validation KYC par la SGI1 à 5 jours ouvrés
Signature de la conventionjour de la validation
Versement initial reçu+1 à 3 jours ouvrés
Premier ordre exécutabledès crédit du compte

Délai total réaliste : 5 à 10 jours ouvrés entre le premier contact et votre première transaction. Plus si vous êtes en diaspora et que tout passe par voie postale.

Les erreurs courantes à éviter

1. Vouloir tout acheter dès le premier jour

C'est tentant. C'est aussi le meilleur moyen de payer trop cher des titres peu liquides. Échelonnez vos premiers achats sur plusieurs semaines.

2. Confondre dividende et plus-value

Vous achetez une action 28 000 FCFA. Elle distribue 1 700 FCFA de dividende. Vous touchez 1 700 FCFA, pas 28 000 + 1 700. Le dividende est un revenu, pas un retour sur capital.

3. Ne pas vérifier la date ex-dividende

Acheter une action après la date ex-dividende, c'est acheter une action qui ne donnera pas droit au prochain dividende. Toujours vérifier ce point avant un ordre près de la saison de paiement.

4. Sous-estimer la fiscalité

Les dividendes sont soumis à l'IRVM (Impôt sur le Revenu des Valeurs Mobilières) — généralement 12 % pour les personnes physiques, 10 % pour les personnes morales, parfois moins selon les conventions fiscales. Calculez votre rendement net d'impôt, pas brut.

5. Ne pas conserver les justificatifs

Chaque ordre, chaque dividende perçu, chaque relevé : conservez tout. Vous en aurez besoin pour votre déclaration fiscale et pour suivre votre performance réelle.

Et après l'ouverture ?

Une fois le compte actif, trois réflexes à installer dès le départ :

  1. Suivre sa performance réelle (capital + dividendes perçus, net de frais et d'impôts) sur un tableau simple
  2. Lire les BOC (Bulletins Officiels de la Cote) quotidiens publiés par la BRVM : c'est la source de vérité pour les cours et les avis de dividendes
  3. Conserver son sang-froid en période de baisse : la BRVM peut traverser des phases de correction, c'est normal sur tout marché actions

En résumé

Ouvrir un compte-titres à la BRVM prend en pratique moins de deux semaines si votre dossier est complet, et coûte généralement rien à l'ouverture. La vraie difficulté n'est pas administrative — c'est de bien choisir sa SGI en amont, et de discipliner ses premiers ordres.

Les bonnes habitudes prises dès l'ouverture (vérifier les frais, lire la convention, échelonner ses achats, tracer ses opérations) sont celles qui font la différence sur 10 ans.

Avant de signer : vérifiez systématiquement que votre SGI figure sur la liste officielle BRVM par pays. Aucun courtier sérieux ne refusera cette vérification. Voir aussi : Les SGI agréées sur la BRVM par pays.

Avertissement : Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et éducatif. Elles ne constituent en aucun cas un conseil en investissement. Consultez un professionnel agréé avant toute décision d'investissement.